OFFTA

Édito

(Dés) enchantement

Depuis maintenant sept ans, au OFFTA, nous voyons défiler des centaines de propositions artistiques. Une proportion importante de ces projets a eu directement ou indirectement pour thème le vide…
Comme s’il y avait un besoin de nommer une absence, un manque.
Car l’humain ne supporte pas le vide. Et le OFFTA non plus.
Quoi que…
Est-ce que l’art existe pour combler notre vide ou est-il un outil pour nous aider à explorer ce qui manque?

J’ai tenté de répondre à cette question en la nommant : (dés)enchantement.

Le désenchantement, comme si nous avions oublié collectivement ce qui était important.
Une absence déposée sur nos cités quadrillées, où l’on transite, somnambule, occultant les possibles lieux de rencontre.

L’enchantement, lui, n’est pas cartésien.
Il concerne le vivant, la nature et l’humain. Il pousse dans les espaces entre,
s’immisce dans les interstices de ce qui est mouvant. Il fait émerger la beauté des fissures.

C’est peut-être cela que les artistes du OFFTA pressentent.
On manque d’espaces libres, d’espaces qui permettent à l’enchantement de se déployer,
à la transcendance d’exister.
On manque de vide. Un vide dynamique qui éveille le désir de le remplir,
comme l’amour.
On a besoin de vide pour fabriquer du sens,
Un enchantement qui naît du contact avec « l’autre »
Comme l’art.

- Jasmine Catudal -