Except the bloodline
Entre tabou social et récupération sensationnaliste, entre psychiatrisation et moralisation, l’envie suicidaire reste prisonnière d’un imaginaire cloisonné. On peine à la nommer autrement que par la peur ou l’interdit.
« Chaque personne suicidaire est toujours en vie et désirante », lance Alegría Gobeil dans son premier solo, une performance aux frontières du body art, où l’artiste se laisse traverser par une multitude de figures suicidaires. Celles-ci se dédoublent, se contaminent et se multiplient, jusqu’à dissoudre toute idée d’origine — médicale, biographique, historique ou fictionnelle. Son corps devient un agencement, le lieu d’une enquête encorporée où le texte, saturé, répétitif, citationnel et volontairement excessif, met en scène les fantasmes, clichés et peurs qui structurent l’expérience suicidaire.
Alegría déplace l’expérience de la souffrance individuelle vers un espace surprenamment collectif qui interroge les procédés de psychiatrisation et explore le désir de mourir dans ses contradictions et ses tensions avec la vie.
Sang et odeurs fortes
Coupure
Cigarette
Thèmes sexuels



Kinga Michalska
Darin Gregson