Except the bloodline

Alegría Gobeil

4 juin, 21h30  Billet
5 juin, 21h30  Billet

Espace Transmission

60 min
Français avec des passages anglais

Entre tabou social et récupération sensationnaliste, entre psychiatrisation et moralisation, l’envie suicidaire reste prisonnière d’un imaginaire cloisonné. On peine à la nommer autrement que par la peur ou l’interdit.

« Chaque personne suicidaire est toujours en vie et désirante », lance Alegría Gobeil dans son premier solo, une performance aux frontières du body art, où l’artiste se laisse traverser par une multitude de figures suicidaires. Celles-ci se dédoublent, se contaminent et se multiplient, jusqu’à dissoudre toute idée d’origine — médicale, biographique, historique ou fictionnelle. Son corps devient un agencement, le lieu d’une enquête encorporée où le texte, saturé, répétitif, citationnel et volontairement excessif, met en scène les fantasmes, clichés et peurs qui structurent l’expérience suicidaire.

Alegría déplace l’expérience de la souffrance individuelle vers un espace surprenamment collectif qui interroge les procédés de psychiatrisation et explore le désir de mourir dans ses contradictions et ses tensions avec la vie.

Avertissement de contenu
Suicide et psychiatrie
Sang et odeurs fortes
Coupure
Cigarette
Thèmes sexuels
À propos de Alegría Gobeil
Alegría Gobeil travaille à partir de comportements qualifiés d’autodestructeurs, improductifs ou invivables. Sa pratique indisciplinaire déploie une érotique de la contre-anamnèse qui détourne l’attente — médicale comme artistique — d’un récit de soi cohérent. Plutôt que de produire une narration autobiographique, son travail cultive l’illisibilité par la démultiplication : il opère par l’interpellation de récits multiples, empruntés, fictifs et/ou historiques. Ancrée dans les méthodologies de l’art performance et dans une pratique de la logorrhée pour rester dans les formes et non dans le propos, sa démarche a été présentée dans des contextes d’arts vivants, visuels et littéraires, ici et ailleurs.